Sortie forêt 2014

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Le Conseil Municipal a organisé sa sortie annuelle en forêt le samedi 25 octobre. L’actualité était bien entendu sous-tendue par la relocation de la chasse pour une durée de neuf ans. La visite s’est faite sous la conduite de M. Bernard CALVET, forestier et chef de l’unité technique du Val de Villé et des adjoints Pascal DILLENSEGER et Hubert DENILAULER, en l’absence de M. Jérôme VINCENT, forestier à Breitenbach, en congé de maladie. MM. Michel GEWINNER, maire du Hohwald et locataire des lots de chasse 2 et 4 à Breitenbach et Eric FRERING, technicien forestier, étaient présents également comme la plupart des membres de la commission « forêt ».

La sortie s’est déroulée autour de quatre points :

La protection par engrillagement

La vingtaine de personnes présentes ont visité le parc réalisé ce printemps par le personnel communal en parcelle 11, dans le secteur Fronenbach-Bellevue.

En pleine forêt, une ouverture a été engrillagée par manque de régénération naturelle de sapins et différentes essences vont y être plantées cet automne. Ce problème de régénération naturelle difficile est lié pour l’essentiel à une densité trop forte de la faune sauvage, cerfs et chevreuils. Le nouveau cahier des charges de la chasse devrait améliorer la situation dans les années à venir puisqu’il évoque de façon explicite la nécessité d’aboutir à une régénération sans protection. La Commune pourrait ainsi faire l’économie de frais de protections importants, qui viennent chaque année en déduction des recettes de la chasse.

Michel GEWINNER estime que les cervidés ne sont pas seuls responsables d’une régénération difficile. Un débat s’en suit entre lui et les forestiers sur les aspects de station, de régénération excessive du hêtre seul et de l’importance de la hêtraie-sapinière, des essences d’ombre et de la sylviculture. Pascal DILLENSEGER évoque aussi l’incertitude sur l’avenir de nos forêts devant les changements climatiques en cours. Il est vrai que les tempêtes, les maladies récentes (ormes, frênes) et les augmentations de températures provoquent des dégâts importants qui s’ajoutent aux problèmes déjà évoqués. L’avenir est de toute façon dans la diversité de la forêt.

Hubert DENILAULER insiste sur le coût d’investissement et surtout de fonctionnement des systèmes de protection : il faut passer régulièrement pour vérifier que les grillages n’ont pas été endommagés. C’est justement le cas du parc en parcelle 11 où la cime d’un sapin frappé par la foudre est tombée sur la clôture…

Un arrêt devant des épicéas à la cime encore verte mais dont l’écorce est déjà détachée du tronc, victimes d’une attaque de scolytes, illustre les menaces qui pèsent sur les forêts.

L’exploitation

En parcelle 14, l’entreprise MARTINI exploite actuellement une coupe particulièrement délicate en raison de la forte pente. Les présents découvrent les difficultés rencontrées par l’entreprise de travaux forestiers tant au niveau de la coupe que du débardage des grumes sur chemin. Pascal DILLENSEGER justifie la nécessité de créer des infrastructures adaptées et bien dimensionnées aux besoins (chemins accessibles aux gros engins, places de retournement et de dépôts, pistes, etc.) et évoque la difficulté (et donc le coût) d’exploitation de la forêt de montagne.

Les infrastructures forestières

La visite s’est poursuivie par la découverte de la voirie forestière créée cette année en parcelles 27 et 28. Le secteur très pentu et rocheux, situé à gauche en montant entre le chemin Tannhütte et la ferme Hirra, n’était pas desservi en chemins et l’exploitation des bois n’était pas possible. Après de longs débats, le Conseil avait validé le projet qui a été réalisé par les entreprises MARTINI (exploitation forestière) et BARI (création des chemins). De l’avis de tous, c’est une belle réussite. Ces nouvelles infrastructures seront pleinement opérationnelles en automne prochain, le temps de permettre à la voirie de se stabiliser.

Raymond KOENIG fait le point sur les travaux qui ont été engagés pour pouvoir traverser la conduite d’eau descendant des sources « Kreuzweg » qui ont représenté un surcoût imprévu. Il indique aussi qu’au-delà de l’investissement, il faudra renforcer le travail -décidé par le Conseil depuis deux ans- d’entretien de la voirie rurale et forestière. Ainsi, une minipelle a été louée pour ce mois d’octobre afin de dégager les fossés, les chemins encombrés par des branches et cailloux et de refaire des saignées permettant l’évacuation des eaux pluviales. Le travail est réalisé en régie par le personnel communal appuyé par l’adjoint.

La forêt d’avenir

Fin de tournée dans le secteur Tannhütte, en parcelle 33, en remontant la piste forestière de la Ascherhütte. Bernard CALVET présente la difficulté de régénération dans ce secteur, les jeunes sapins étant systématiquement abroutis. Ce constat conduit l’Office National des Forêt à décaler les coupes dans ces parcelles (et donc à diminuer les recettes de la Commune) dans l’attente de solutions : diminution du nombre de cervidés ou mise en place de protections (en particulier engrillagement et plantations).

Le débat porte là encore sur les coûts des protections et sur la nécessité d’une réduction des effectifs des cervidés.

Pierre KLOTZ, photographe animalier, exprime sa sensibilité quant à la faune sauvage. Bernard CALVET justifie l’objectif sylvicole et préconise de trouver un équilibre qui passe par le contrôle de la population des cervidés… Eric FRERING rappelle que le cerf est originaire des steppes et qu’il a fini par se réfugier en forêt (milieu peu adapté à ses cors) car ses habitats d’origine ne lui permettaient plus de trouver la quiétude et l’alimentation nécessaires. Il évoque les techniques récentes mises en œuvre en Allemagne qui prévoient de dédier 2% de la surface forestière à des prairies afin de qui permettre aux cerfs de trouver une alimentation convenant à leur vocation de ruminants…
Hubert DENILAULER propose de réaliser cet hiver un engrillagement sur ce secteur et évoque les enclos témoins prévus dans le futur contrat de location de la chasse qui permettront de suivre la problématique de la régénération du sapin.

Dernier sujet abordé, celui des espaces ouverts : Jérôme VINCENT a fait le recensement des parcelles non boisées (et qui ne se régénèrent pas) en forêt communale, soit près de 50ha ! Il est préconisé de mettre en œuvre un programme pluriannuel qui vise à replanter une trentaine de ces parcelles avec la mise en place de protections jusqu’à ce que la population des cervidés diminue. Cela aura un impact financier non négligeable sur le budget communal.

Une part des espaces restera ouverte pour des raisons paysagères, de station difficile à replanter ou encore pour mettre à disposition des chasseurs des « prairies à gibier ».

Avant de gagner le refuge Tannhütte pour une choucroute bien garnie préparée par Fernand HAAS, les présents et notamment les nouveaux conseillers expriment l’intérêt de ce type de sortie pour une bonne connaissance du terrain et des enjeux à venir.

Il revient au Maire de remercier l’ensemble des participants pour leur présence et leur contribution à la réussite de la sortie.

Cet article a été publié mardi, 28 octobre 2014

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