Les aventures du grand nacré

Photo 1 © C. Dirwimmer


Mais bien sûr que vous me connaissez ! Vous m’avez certainement déjà aperçu en train de voleter au printemps autour du village lorsque les prés sont bien fleuris, en particulier autour des touffes de violettes qui constituent la nourriture préférée de mes chenilles. Si vous souhaitez me rendre visite et être sûr de me trouver, je fréquente tout l’été la prairie à droite de la route, juste avant d’arriver à la tour du Champ du Feu, où je me délecte du nectar de la Bugle Rampante ( Ajuga reptens) ou de la Scabieuse (Knautia arvensis ). (photo 1)

Photo 2bis © C. Dirwimmer

Photo 2 © C. Dirwimmer


Moi ? Ma carte d’identité porte le nom barbare de Mesoacidalia aglaja que m’ont conféré les entomologistes… mais je préfère de loin que l’on m’appelle le Grand Nacré, c’est bien plus joli !

Après mon éclosion et mon passage à la forme adulte de papillon (l’imago), mon activité principale est constituée par le butinage. Ma longue trompe me permet d’extraire le nectar des fleurs (photos 2 et 2 bis). En contrepartie, je transporte leur pollen pour assurer leur fécondation. Donnant donnant, tout le monde est gagnant !

Photo 4 © C. Dirwimmer

Photo 3 © C. Dirwimmer


Ma vie de papillon n’est toutefois pas toujours de tout repos ! Nous sommes en effet nombreux à avoir les mêmes préoccupations et à fréquenter ce self-service. Il arrive fréquemment que je croise sur la même fleur une guêpe (photo 3) ou quelque abeille (photo 4) qui se vautre carrément dans le pollen ! (photo5)

Photo 5 © C. Dirwimmer


J’y rencontre souvent mes congénères papillons qui répondent eux aussi à des noms plutôt poétiques : la Petite Tortue (Aglais urticae) (photo 6), le Paon du Jour (Inachis Io) (photo7) ou Robert le Diable ( Polygonia c-album) (photo 8) qui me fait réellement peur avec ses ailes découpées en crête de saurien, surtout lorsqu’il me regarde droit dans les yeux ! (photo 9)

Photo 7 © C. Dirwimmer

Photo 6 © C. Dirwimmer

Photo 9 © C. Dirwimmer

Photo 8 © C. Dirwimmer

Mais, heureusement, mes rencontres sont parfois bien plus agréables. L’été dernier, j’ai été surpris en pleins ébats amoureux par un photographe indiscret et voyeur (photos 10, 11 et 12)… mais il n’y a pas de mal à perpétuer l’espèce !

Photo 11 © C. Dirwimmer

Photo 10 © C. Dirwimmer


Je vous attends le printemps prochain, vous verrez, je ne suis pas trop farouche et… nous sommes nombreux dans la tribu !

Texte et Photos : C. Dirwimmer
christian.dirwimmer@estvideo.fr

Photo 12 © C. Dirwimmer

Cet article a été publié Mardi, 15 février 2011

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