Concert du Choeur philarmonique de Strasbourg

Le Festival Aux Choeurs de l’été s’est terminé en apothéose vendredi soir à Breitenbach par un concert a capella « Chants et Romances des deux rives du Rhin » avec le Choeur Philarmonique de Strasbourg.

L’objectif de ce Festival, 5ème du nom, Jean-Pol Metz le rappelait dans son mot de bienvenue.  » C’est le partage de la culture, l’ouverture aux autres; c’est aussi, de par sa formule (l’entrée est gratuite) de permettre l’accessibilité au plus grand nombre ». Et en aparté, il confiait: « Le Choeur Philarmonique dans la vallée, c’est quelque chose! ». La soirée allait confirmer ses propos.
Venue en procession du fond de l’église, la longue file de choristes s’installe dans le choeur de l’église, saluée par des applaudissements nourris. Le nombre impressionne. Avec l’arrivée de Catherine Bolzinger, la chef de choeur, l’adhésion du public se confirme.
Dès les premières notes, deux délicieuses compositions de Saint-Saëns, le charme opère comme un envoûtement. Retenue et puissance, murmures ou explosion des sons, mélopées langoureuses ou ritournelles entraînantes, nuances et diction parfaites, les interprétations habitent les morceaux et les mettent en scène vocalement.
C’est l’insolence provocante de Margoton dont le cruchon (avec un « r » subtilement roulé) tombe à l’eau, c’est la supplique de la fille implorant un père violent et cynique pour son amant qui sera pendu dans « La Belle se sied au pied de la tour », c’est le tip-tap incessant de la navette qui rythme les journées des « Tisserands », c’est le martèlement des sabots sur les pavés dans « Clic, clac dansez sabots » accompagné allègrement en gestes par la dirigeante…Les Huit Chansons Françaises de Francis Poulenc trouvent leur origine dans des textes très anciens, harmonisés par ce musicien, « fan de compositions chorales » dira Catherine Bolzinger qui a pris soin d’exposer en peu de mots, comme pour Poulenc, les influences ou inspirations de Saint-Saens, Brahms, Debussy, et le thème des oeuvres présentées.
« Yver, vous n’êtes qu’un villain », célèbre poème d’une trilogie de Charles d’Orléans, rares pièces à chanter de Debussy qui y  » entend la musique de la langue » prend des airs de théâtre vocal apostrophant les saisons: coup de semonce pour l’hiver, grosses voix sévères qui grondent; légèreté et indulgence pour l’été.
Autre moment de grâce avec les romances de Brahms, qui se complait à écrire des oeuvres empreintes de tristesse, celle des amour trop ardentes, perdues ou malheureuses: « Die Nonne », « Die Müllerin » « Und gehst du über den Kirchhof »… Ces mélodies expressives et harmonieuses sont sublimées par le choeur des femmes, reflets de l’âme du compositeur. Toujours du Brahms, mais changement total d’atmosphère pour « Marznacht »: l’arrivée du printemps dans toute sa splendeur, la vie qui renaît dans un joyeux tintamarre de performances vocales éblouissantes. Le public en redemande.

La soirée s’achève avec un dernier cadeau: « L’Ode à la joie de Beethoven » devenu l’hymne européen. Le lendemain, le Choeur l’interprètera à Strasbourg pour l’hommage rendu à Helmut Kohl.

Choeur du Philharmonique Breitenbach

Cet article a été publié jeudi, 6 juillet 2017

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