21 janvier 2011

Photo 1 © C. Dirwimmer

Prémices… Décembre a été froid et neigeux, mais personne ne se plaindra du Noël blanc que nous avons vécu, le premier depuis bien longtemps ! Première semaine de janvier, gros redoux, plus de gel et des températures diurnes bien supérieures à 10 °C, dignes d’un printemps naissant. Mais l’hiver est revenu, saupoudrant une fine pellicule blanche au matin du 20 janvier. Ce redoux, à vrai dire assez habituel pendant les hivers alsaciens, a favorisé l’apparition des signes précurseurs du printemps, qu’il va néanmoins falloir attendre encore quelque peu.

Photo 2 © C. Dirwimmer

Photo 3 © C. Dirwimmer

C’est toutefois l’occasion pour l’Orchis mâle (Orchis mascula) de pointer les premières feuilles de sa rosette sur les talus routiers en amont du village, même sous la neige (photos 1 , 2 et 3). Nous en avons repéré une, que nous allons suivre et photographier tout au long des saisons, de la feuillaison déjà entamée jusqu’à sa floraison printanière et sa fructification estivale. Il faudra donc patienter quelques mois pour voir le « reportage photo » correspondant… mais vous pourrez aller les admirer sur place d’ici là.

Photo 4 © C. Dirwimmer

Il y a des épisodes végétaux qui passent parfois inaperçus… peu de monde se rend compte que la première floraison de l’année bat actuellement son plein ! Le noisetier commun (Corylus avellana) a l’habitude de fleurir dès les premières journées radoucies de l’hiver. Comme son nom l’indique, il est vraiment commun sur les lisières, les bords de chemin et de route. Vous le trouverez partout, par exemple au bord de la route vers St Martin , après le grand virage qui marque la limite des deux bans communaux. Le noisetier se fait remarquer, souvent en janvier, au plus tard en février, par la présence puis la floraison de ses « chatons » en forme de cylindres verdâtres pendant en grappes (photo 4). D’autres arbres ou arbustes produisent également des chatons floraux, c’est le cas de l’aulne glutineux déjà évoqué dans un précédent article, mais aussi du saule souvent implanté le long des ruisseaux ou dans les lieux humides, dont les chatons argentés et ouatés sont parfois cueillis pour un premier bouquet printanier. Pour l’instant, ces derniers sont encore au repos végétatif. Le noisetier est donc le premier à déclencher sa floraison, quasiment 6 mois avant celle du châtaigner qui clôturera la saison au mois de juin.

Photo 5 © C. Dirwimmer

Photo 6 © C. Dirwimmer

Bien avant la sortie de ses feuilles, les chatons du noisetier sont très faciles à repérer, car ils se forment dès l’automne. Visibles en fait sont les fleurs mâles qui dès leur précoce éclosion (cette année vers le 17 janvier) libèrent des nuages de pollen jaune au moindre contact (photos 5 et 6). Mais pour se reproduire, il vaut mieux être deux ! Il vous faudra un peu de patience, de persévérance et un oeil affûté pour découvrir les fleurs femelles. En scrutant de très près, vous les verrez certainement, implantées tels des bourgeons à la base des chatons ou sur les rameaux.

Photo 7 © C. Dirwimmer

Photo 8 © C. Dirwimmer

Photo 9 © C. Dirwimmer

En éclosant, le bourgeon floral femelle libère une superbe, mais minuscule fleur d’un rouge vif et qui étale ses pétales filiformes telle une étoile de mer (photos 7 à 9). La fécondation des noisetiers n’est pas chose simple, car ils sont autostériles, mais ils croissent souvent en touffes et les échanges s’en trouvent facilités. Comme aucun insecte pollinisateur ne vole encore en cette saison, c’est uniquement le vent qui transporte le pollen du chaton mâle vers les fleurs femelles d’un arbuste voisin… la fécondation est dite « anémophile » (photo 10). Un dernier conseil : profitez de ces quelques jours où le froid revenu ralentit la végétation pour aller admirer la discrète, mais très belle floraison du noisetier…

Photo 10 © C. Dirwimmer

Texte et Photos : C. Dirwimmer
christian.dirwimmer@estvideo.fr

Cet article a été publié Dimanche, 23 janvier 2011

1 commentaire pour “21 janvier 2011”

  1. Aurélie Mattera, le 25 janvier 2011

    Bel article qui a le mérite de nous rendre attentif à de nombreuses choses qui autrement, passeraient totalement inaperçues… J’ai souvent observé les chatons de noisetier, j’en ai même photographié mais je n’ai jamais remarqué la présence de ces petites fleurs ; j’y serais plus attentive la prochaine fois !

Déplier/Replier Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés avant de figurer sur le site.

Mention légale - Flux RSS - Propulsé par WordPress